Homélie 1er dimanche de l’Avent B par l'Abbé Fr de Ceuster      (Mc 13, 33-37)
Premier dimanche de l’Avent…
En temps normal - « hors coronavirus » - coup d’envoi pour les fêtes.
Plutôt signal discret, étape sur la ligne du temps, le long fleuve qui nous entraîne vers l’avenir.
Or, la sagesse antique le disait déjà : « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ».
La vie nous est donnée, mais elle nous échappe.  Elle est à la fois monotone et faite de soubresauts.
Le maître s’est absenté, nous dit l’Evangile, mais il nous a donné « tout pouvoir ». 
Voilà que le temps de l’absence est devenu le temps de la confiance.
Temps rempli d’appels et de promesses.
Un jour de notre histoire, Dieu a traversé notre nuit.
Est-ce que nous réglons notre marche sur les points lumineux qu’il nous a laissés ?
Liberté vraie, responsabilité authentique, noblesse de l’homme.
Mais quand reviendra le maître ?
Réponse étrange de l’Evangile : le soir, à minuit, au chant du coq ou le matin…
Images frappantes qui – curieusement- rappellent le récit de la Passion, les moments de trahison.
  • Le soir : quand Judas va trahir Jésus au jardin des oliviers
  • A minuit : heure à laquelle Jésus est interrogé par le grand prêtre
  • Au chant du coq : heure à laquelle Pierre va renier Jésus
  • Le matin : moment où Jésus est livré à Pilate par le Sanhédrin.
Tout se passe comme si le Seigneur arrivait à l’heure où se consomme la trahison des hommes.
Heureusement pour nous, il n’est pas venu appeler les justes, mais les pécheurs.
D’où l’invitation presque lancinante qui domine tout le temps de l’Avent : « Veillez ! »
Appel qui n’a rien de décourageant, de culpabilisant.  Encore moins de menaçant.
Invitation positive à être attentif à tout ce qui émerge au quotidien, à tout ce qui est déjà lumière, à tout ce qui est germe du Royaume.
L’amour authentique n’additionne pas les heures.  Il est de chaque instant.
Abbé F. De Ceuster
Homélie du 34ème dimanche T.O. année A par l' Abbé Lievin
 
Frères et sœurs, bien aimés dans le Seigneur !
En ce 34ème dimanche du temps ordinaire et dernier dimanche de l’année liturgique A, nous célébrons « la fête du Christ-Roi de l’univers », la fête de Jésus : Roi-Berger et Serviteur. Mais sa royauté n’est pas une royauté à la manière du monde, elle est tout autre. Elle est faite à la gloire de Dieu et s’exerce dans l’amour.
 
 En célébrant aujourd’hui le Christ-Jésus comme Roi de l’univers, lorsque nous levons chaque fois nos yeux vers le Christ suspendu au bois de la croix, nous pourrons le contempler, le glorifier comme le vrai Roi-berger, venu livrer sa vie pour rassembler les enfants de Dieu dispersés. Nous pourrons également le reconnaître comme le Roi-Serviteur qui vient aujourd’hui à notre rencontre, humble et discret, dans le quotidien de notre existence. Et cette image du Roi-Berger et Serviteur est affirmée dans les 3 lectures que nous propose la liturgie de ce 34ème dimanche.
 
Dans la 1ère lecture, tirée du livre du prophète Ezéchiel (34, 11-17), le prophète rappelle que le Seigneur est le berger de l’humanité. Il annonce que le Seigneur Dieu veut confier son peuple à un pasteur ; et il trace le portrait de ce pasteur qui sera « le bon berger et le pasteur qui prendra soins des brebis ». En effet pour le prophète Ezéchiel, le roi a le devoir de veiller sur son peuple, et plus particulièrement sur les petits, les faibles, les sans défense.  Malheureusement, dit-il, tous les rois qui ont été à la tête du peuple, n’ont eu que des rêves de grandeur et de puissance.
 
Voilà pourquoi Ezéchiel envisage désormais pour Israël, un nouveau régime politique où il n’y aura plus de roi, mais le Seigneur Dieu, lui seul qui gouvernera son peuple, comme « un pasteur » garde et veille sur son troupeau. Ainsi, écrit Ezéchiel, on le verra, tel un bon berger, partir à la recherche des brebis perdues en exil, les ramener au bercail en Palestine ; et là, soigner et entourer de sollicitude les brebis les plus chétives …
 
Frères et sœurs, à chacun de comprendre cette vision d’Ezéchiel et de s’interroger : - L’amour du Seigneur va en priorité aux plus petits et aux plus faibles. Et le nôtre ? Quelle est notre attention habituelle aux personnes qui nous entourent ou que nous rencontrons ?
 
Dans la 2è lecture (1 Cor.15, 20-26.28), saint Paul proclame que « Jésus-Christ est le Roi de l’univers » qui sauve notre humanité en étant victorieux de la mort, par l’amour. En effet, le Christ-Roi de l’univers sauve par sa croix et sa royauté est toute autre, elle ne ressemble en rien aux royautés de ce monde. Car, dit-il, le Christ ressuscité rassemblera dans le Royaume du Père tous ceux qui lui auront confié leur vie.
 
Bien aimés dans le Seigneur ! Le Christ-Roi de ce monde : le croyons-nous pouvoir vaincre en nous tout égoïsme, tout orgueil, et tous ces fléaux qui dévastent notre monde ? L’espérance de la résurrection avec le Christ-Roi nous aide-t-elle à lutter contre tous les germes de mort qui atteignent les hommes et les femmes surtout en cette période de la pandémie du covid 19 qui menace tout l’univers ?
 
Dans l’évangile (Mathieu 25, 31-46), le Christ-Roi de l’univers se montre en chaque visage en nous rappelant la primauté de l’amour véritable où chacun est envoyé mettre en pratique l’amour des autres. D’ailleurs, la parabole est suffisamment claire par elle-même lorsqu’elle montre que Jésus-Christ, ce Roi de l’univers, ne s’identifie pas purement et simplement avec tout homme, mais tout spécialement avec les pauvres, les petits, les faibles, les plus délaissés de la société :

 - Le Christ est dans cet affamé qui court les rues ! Il est cet ouvrier immigré de nos quartiers ; il est ce prisonnier économique, politique ou non ! Il est dans ce malade que personne ne visite plus. Oui ! Le Christ est Roi de l’univers et il est le bon berger. Nous avons beau connaître cette page de l’évangile, mais ça passe difficilement pour sa mise en pratique dans notre vie. Et pourtant nous aurions pu déjà le reconnaître comme roi, dans cet homme pendu au bois de la croix. Car, en fait, lui seul est ce véritable Roi de l’univers qui se montre aujourd’hui en chaque visage d’hommes et de femmes que nous rencontrons et dont le trône de gloire reste la croix.

Frères et sœurs, demandons-nous : qui connaissons-nous autour de nous qui ait faim et soif, soit étranger, souffre du froid, soit malade ou en prison ? Qu’attendons-nous et que faisons-nous ? La clé pour entrer dans le Royaume où Jésus-Christ est le Roi, c’est d’aimer et aider les autres. Mettons-nous à l’écoute et au service des autres .Prions que chacun de nous soit le berger et le serviteur de son frère à l’exemple du Christ-Roi et Serviteur. Amen !
Homélie du 33ème dimanche du Temps ordinaire A par l'Abbé François-Xavier Mara

 

Chers frères et sœurs,
Nous célébrons l’avant-dernier dimanche avant la fin de l'année liturgique. Ces derniers temps, nous avons entendu que tous les évangiles qui nous ont été présentés par l'Église parlent de la venue du Seigneur.
 
Dans l’Evangile de la semaine dernière et celui d'aujourd'hui, on parle d'abord de la confiance. Nous avons remarqué que les 10 jeunes filles avaient eu la même opportunité. Elles ont toutes reçu la confiance de l’organisateur de la fête. On ne dit pas que les unes seraient plus privilégiées ou mieux traitées par rapport aux autres. Elles ont reçu le même traitement. Mais c’est seulement l’attitude de chacune d’elles qui a fait la différence. Les unes s’étaient préparées avec beaucoup de prudence, tandis que les autres considéraient et avaient pris la situation à la légère.
 
De même, ce roi faisait confiance à ses 3 serviteurs avant d’aller voyager. Même si la répartition des talents n'était pas égale, la confiance était là. Et c’était valable même envers celui à qui il n’a confié qu’un talent.
Notons qu’un talent est l’équivalent d’environ 34 kg d’or. Arriver à confier 34 kg d’or à quelqu’un relève tout simplement de la confiance. Cette divergence dans la division ne peut s’expliquer que par la connaissance du roi de leurs capacités individuelles respectives. Il sait d'avance ce qui va faire fructifier réellement sa richesse et ce qui ne le fera pas. Seulement, Il a confié ses biens à chacun selon ses capacités.
 
L'Evangile d'aujourd'hui et celui que nous avons entendu dimanche dernier parlent tous les deux de la venue du Seigneur, et qui plus est, à un moment inconnu. Les mariés viendront à un moment que même les organisateurs de la fête ne connaissent pas. Les 10 jeunes filles s’étaient même endormies. De la même manière, ce roi reviendra à un moment où ses serviteurs ne l’attendaient pas. Il va les prendre par surprise.
 
Dans les deux Évangiles, il y a un moment où chacun va présenter ce qu’il a préparé d’avance. Les élèves et les étudiants connaissent bien ce qui se passe lors du moment de l’examen. Tout le monde doit faire son compte-rendu. C’est parce que ces talents ne sont pas destinés à être conservés, ils sont à faire valoir. Lors de ce compte-rendu, les deux premiers serviteurs, sûrement après beaucoup d’efforts, de fatigues et de sacrifices, ont présenté les fruits de leurs labeurs : « Seigneur, tu m'as confié un tel nombre de talents ; voilà, j'en ai gagné le même nombre ». Le maitre ne demande pas plus que ce qu’il a donné.
 
Le dernier serviteur qui n’a reçu qu’un talent, pour cacher son incapacité, cherche des prétextes dont la plupart relèvent de ses propres mauvaises appréciations de son maitre. « Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n'as pas semé, tu ramasses là où tu n'as pas répandu le grain. J'ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t'appartient ». Il n’a pas travaillé. Il n’a pas fait fructifier son talent. Il n’avait même pas cherché d’autres solutions comme, la plus facile, remettre les biens à la banque, de tel sorte qu’au moins, à son retour, son maitre récupère le capital avec l’intérêt bancaire. Il s’est laissé emprisonner par la paresse et la peur. Il a manqué à tout ce qu’on attendait de lui.
 
Chers frères et sœurs, le Seigneur nous a accordé sa confiance même si notre tâche est différente. Il nous a donné diverses capacités pour que nous puissions exceller dans notre domaine respectif. Prions-le toujours, pour qu’à son arrivée, où que ce soit et quand cela arrivera, il nous trouve en train de faire valoir ce qu’Il nous a confié. Ainsi, nous serons dignes de Le rencontrer et Il s’adressera à nous en disant : « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. »