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Lettre de l’Alliance des 29 et 30 janvier 2022 4ème dimanche ordinaire - Année C
 

Lettre aux paroissiens de
Sainte-Anne, Saint-Job, Notre Dame du Rosaire et Fatima

Notre sérénité intérieure deviendra source d’Evangélisation

Les tensions qui se vivent en Ukraine, l’augmentation du prix de l’énergie, la pandémie mondiale et les restrictions bien compréhensibles qui touchent notre vie sociale, produisent chez beaucoup un sentiment d’anxiété.  D’autres encore ressentent notre église comme une institution ayant perdu son mystère d’intériorité.

Modestement, là où nous sommes, nous allons nous entraider pour retrouver fraternité et la joie de la vie intérieure. C’est dans ce contexte que nous proposerons la rencontre sur la synodalité et une série de conférences, qui aideront à traverser nos difficultés.

L’écoute de la lettre encyclique Laudato Si, en son audio hebdomadaire élargira notre champ de préoccupations et va nous recentrer sur l’essentiel.

C’est notre sérénité intérieure qui va aider nos proches à retrouver joie et bonheur en ces temps difficiles.

Prions pour que la pandémie s’éteigne pour laisser place au renouveau sociétal dont nous avons besoin.

Bonne écoute ! 

                                                                                           

Abbé Christian TRICOT, votre curé


 

La parole de Dieu nous invite toujours à une vraie remise en question

L’évangile d’aujourd’hui est la continuité de celui de dimanche passé.  Dans la synagogue de Nazareth, Jésus a annoncé un salut gratuit et universel.  Dans un premier temps, ce message est approuvé à l’unanimité : Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche.

Par la suite, les habitants de Nazareth se révoltent, le poussent hors de la ville jusqu’à un escarpement de la colline pour le précipiter en bas.  La raison de cette extrême violence est simple à expliquer : les habitants de Nazareth sont convaincus qu’Israël est l’unique peuple élu, alors que pour Jésus, le salut est pour tous. Sur ce point précis, Jésus s’éloigne de la mentalité de son village et des traditions familiales.  Dans l’évangile, on appelle Nazareth village.  Dans la Bible, le terme village traduit toujours la fidélité, l’attachement à la tradition et le refus de toute nouveauté.  Joseph est appelé homme juste, justement parce qu’il est fidèle à la tradition et son devoir était d’inculquer à Jésus les valeurs de la tradition

Les habitants de Nazareth s’attendaient donc à ce que Jésus affirme aussi que Dieu va rejeter les païens, les méchants, les mauvais et tous ceux qui ne font pas partie du peuple élu.  Or il ne fait aucune allusion à l’intervention punitive de Dieu et à sa vengeance contre les païens.  Jésus présente une tout autre image de Dieu en parlant de la gratuité de son amour : Dieu aime non seulement le peuple élu mais aussi les exclus, les mauvais, les méchants et les pécheurs.  Les habitants de Nazareth sont étonnés et révoltés de constater que Jésus refuse de penser et de se comporter comme le veut leur tradition.  Ils rejettent son message, son amour inconditionnel et la libération intégrale de l’humanité qu’il préconise.  Ils le considèrent comme un hérétique et veulent le supprimer.

Face à cette violence, passant au milieu d’eux, Jésus allait son chemin.  Il ne s’agit pas ici d’un miracle mais d’un message de consolation et d’espérance pour nous.  Nous ne devons pas avoir peur d’affronter l’opposition et l’hostilité quand nous annonçons la Bonne nouvelle.  Cette opposition ne doit pas nous pousser à modifier ou à atténuer la vérité de l’évangile.  La recherche du succès comporte un danger réel qui consiste à modifier ou atténuer la parole de Dieu pour plaire aux auditeurs.  Il nous faut le courage de dire ce qui, dans notre société, va à l’encontre de nos convictions chrétiennes.  La parole de Dieu est dérangeante, elle nous invite toujours à une vraie remise en question, à un amour gratuit à la suite du Christ, à faire du bien mais gratuitement, c’est-à-dire sans rien attendre en retour.

Nicole Thumelaire